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Pourquoi je ne suis plus végétarienne

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Oyez braves gens, je vous l’annonce, je ne suis plus végétarienne.

Ça y’est je vois déjà vos poils se hérisser, vos pupilles se dilater de rage tandis qu’un son rauque semble vouloir sortir de votre plus fort intérieur : « Quoi ?! Mais on n’est pas sur un site qui prône le végétarisme, voir le végétalisme ici ?! »

Avant que vous ne quittiez ce blog en criant au scandale et à la trahison, laissez-moi vous expliquer pourquoi et comment j’ai pu faire évoluer mon alimentation, et aussi ce qui n’a pas changé pour moi.

Il faut savoir déjà que j’ai débuté ce blog il y a 5 ans maintenant. Comme dans l’article dans lequel je décrivais mon végétalisme à l’occasion de la journée pour la Terre, l’alimentation végétale était au cœur de mes préoccupations, de mes pensées, à une époque où ce thème n’était vraiment, mais alors vraiment pas autant à la mode (oui oui on a tendance à l’oublier mais les idées sur ce sujet ont vite évolué).

J’y décrivais l’impact de la consommation de viande sur la santé, sur la planète, sur les animaux…comment et pourquoi j’avais été convaincue.

Alors…pourquoi diable ne suis-je plus végétarienne ?

Avant toute chose, je tiens à préciser que je ne me considère plus comme végétarienne parce que je mange de nouveau des produits animaux issus de la mer (poissons, coquillages, crustacés…), et c’est tout.

Plusieurs événements m’ont fait changer.

Le jeûne long, ou la découverte de mes besoins profonds

Si vous me suivez depuis un moment, vous le savez déjà sûrement, je suis une adepte des jeûnes (longs et intermittents) et de leurs bienfaits pour la santé et l’esprit. Et c’est mon dernier jeûne long (7 jours uniquement à l’eau) qui m’a mise la puce à l’oreille. J’avais entendu qu’au cours d’un jeûne long, les besoins du corps les plus profonds se réveillent et s’expriment enfin. C’est ce qui s’est passé avec mon jeûne d’une semaine…j’avais une terrible envie de poisson. Je le sentais au plus profond de moi, je pense que j’avais une carence que le jeûne long a révélé.

J’ai toujours cherché un équilibre entre santé, ma morale (j’estime que l’on pose tous le niveau de morale que l’on souhaite, que l’on est prêt à vivre, je détaille juste après) et lucidité.

Et, j’ai décidé de faire le compromis entre tout ça, en mangeant du poisson à la fin de mon jeûne.

J’aurai peut-être pu prendre des compléments alimentaires vous me direz, mais ça avait moins de sens pour moi…tout comme le fait de devoir se piquer à la vitamine B12 plutôt que de prendre une fois de temps en temps un produit d’origine animale.

Le compromis à faire était également sur le temps et l’énergie que je souhaitais dépenser à ce sujet. A cette époque j’avais beaucoup d’autres choses en tête et des sujets qui devenaient des objectifs plus « urgents » pour moi que le fait de chercher à retrouver les apports du poisson dans des produits végétaux.

 

Notre limite morale en tant qu’individus : un critère à respecter

C’est une notion que j’ai rarement vu abordée sur internet ou dans les magazines : notre limite morale. Je m’explique. Pendant de très nombreuses années je me suis battue comme beaucoup d’entre-vous sûrement pour convaincre mon entourage d’arrêter la viande, les œufs etc. Puis j’ai appris quelque chose d’essentiel : nous avons tous, individus, des degrés différents de morale. Pour certains, manger de la viande d’animaux qui ont souffert ne leur pose aucun problème. Pour d’autres, manger de la viande d’animaux ne leur posent pas de problème tant que celle-ci a eu, à minima « une belle vie dans les champs, tuée avec respect » (comme on entend souvent). Pour d’autres encore, que l’animal ai eu une belle vie ou pas, il est inacceptable de l’avoir élevé pour le tuer.

Vous voyez où je veux en venir ?

On a des degrés différents de morale, de conscience même si j’ose dire. Et dans tous les cas, je suis persuadée que nous nous devons de le respecter, même si nous ne sommes pas en accord avec ça. Et bien sûr que dans l’idéal j’aimerais que nous soyons tous capables de nous nourrir uniquement de produits végétaux tout en étant heureux et en bonne santé, mais ce n’est pas ce qu’on observe dans la réalité.

Et de mon côté, même si je suis consciente que les poissons ont un système nerveux qui leur permet de sentir la souffrance, je dois reconnaître que pour moi c’est « moins grave » que de manger une vache par exemple. Dans ma « limite de morale », j’ai la sensation que les produits animaux d’origine marine ont un niveau de conscience moindre, et que de ce fait, c’est plus acceptable (pour moi) d’en manger de temps en temps.

Je sais que cela peut en choquer plus d’un, mais je l’assume entièrement. Au lieu de dire que j’ai recommencé de manger des produits animaux pour ma santé (même si ce n’est pas complètement faux non plus vu ce que j’ai vécu avec le jeûne) comme j’ai vu certains blogueurs/youtubeurs le faire, j’assume avoir fait un compromis entre ma morale, mon plaisir, mes besoins et l’énergie que je souhaitais mettre dans ce sujet.

Je suis aujourd’hui intimement convaincue que chaque Humain est ici sur Terre pour apprendre ses leçons qui lui sont personnelles, et que nous sommes tous à des degrés différents de moralité, de conscience.

Et c’est normal. Je ne l’ai pas accepté pendant de nombreuses années, j’étais en colère comme beaucoup d’autres vegan que j’ai rencontrés, des personnes qui avaient une animosité constante envers les « carnivores ». Aujourd’hui je ne veux plus l’être. Chacun avance, à son rythme, et je le respecte.

 

Moi, moche et carnivore ? 😉

moi moche et méchantCe qui est drôle dans cet article c’est qu’on dirait que j’ai totalement changé ma façon de vivre. Alors que finalement, je me rends compte que tout en étant alignée avec moi-même, je mange toujours à 90% du temps uniquement des produits végétaux.

J’évite au maximum les produits laitiers, les œufs, je mange du poisson environ une fois toutes les 2 ou 3 semaines. Bref finalement je n’ai pas tant changé que ça.

Et je me sens…tellement mieux !

J’ai arrêté de me battre avec moi-même, j’accepte le stade où je suis, j’assume mon « imperfection », avec gratitude pour ma démarche, tout en souhaitant m’améliorer encore 🙂

Je vous invite d’ailleurs à faire de même. En arrêtant enfin de culpabiliser l’autre et de se culpabiliser soi-même, on avance peut-être plus lentement, mais beaucoup plus loin.

 

Méfiez-vous de l’effet du groupe !

sectAutre découverte à laquelle je vous invite à songer : ne plus se définir par son mode de consommation (même si dans les faits vous êtes végétarien, végétalien ou vegan) est extrêmement libérateur. Je réalise que lorsqu’on découvre un nouveau sujet, on a très envie de rejoindre « un groupe », qu’il s’agisse du clan des végé, des écolo, des féministes,  des catho, des fan de licornes à paillettes ou qu’importe.

C’est rassurant, car c’est notre nature profonde en tant qu’être humain d’être social et de vouloir être accepté dans un cercle. Et pourtant, à force de recherche et d’échanges avec le groupe vegan (mais c’est vrai avec tout groupe !) j’ai trouvé certes de l’amour…mais aussi beaucoup de rancœur, de colère, de jugement et même de mal-être à travers des posts ou des prises de paroles publiques. Autant de choses qui ne me ressemblaient pas, que je ne souhaitais pas dans ma vie. C’est pourquoi j’ai décidé de m’éloigner de tout ça, et, forte de ce que j’avais pu apprendre grâce à ces groupes qui apportent quand même beaucoup de valeur, j’ai voulu me créer mon propre chemin de vie.

J’insiste : se détacher des mots qui vous mettent dans des cases est bienfaiteur. Cela aide à se remettre constamment en question et à voir en face qui nous souhaitons vraiment devenir, sans suivre la voix (voie? ) d’autres, qui ne nous correspond peut-être pas parfaitement. Car chacun d’entre-nous est bien plus complexe qu’une « case », et c’est se respecter que de voir cela.

Objectivement, je pense qu’aujourd’hui j’ai davantage d’impact positif sur mon entourage grâce à ma santé et à ma joie de vivre qu’avant, car je suis alignée avec ce que je suis.

IMPORTANT :

Cela ne m’empêche pas de souhaiter vouloir évoluer vers une alimentation toujours plus végétale. Donc mon message est toujours le même, le « plant-based diet » a toujours énormément de sens pour moi.

Donc le nom de ce blog et les articles dans lesquels je donne des conseils pour une alimentation végétale est toujours d’actualité.

 

J’espère que cet article en aidera plus d’un, à accepter avec gratitude où il en est, tout en cherchant à s’améliorer, en fonction de ses objectifs.

Et vous, comment vivez-vous votre mode de consommation ? Vous êtes-vous retrouvés dans ce que j’ai écrit ?