Tag Archive for lait de vache et maladies

Pourquoi les produits laitiers ne sont PAS nos amis pour la vie !

J’ai toujours adoré les produits laitiers. Toute petite, je me souviens courir dans le jardin chercher mon grand-père pour qu’il me prépare amoureusement mon lait du matin. Ce souvenir de lui, de l’odeur de l’herbe fraîche et du chocolat chaud frémissant ont créé un lien émotionnel très fort entre le lait et moi. Plus tard, le matin avant d’aller en cours, je me rappelle de la satisfaction incroyable devant mon -énorme- bol de chocolat chaud et du réconfort qu’il allait me procurer avant de commencer une journée de dur labeur.

Finalement, les produits laitiers étaient un peu partout, avec moi, tout au long de la journée.

Par exemple, j’ai une question pour vous : est-ce que vous aussi vous vous souvenez de la petite brique de lait donnée par votre maître d’école en primaire ?

Mais comment s’est-elle retrouvée là au fait, cette brique de lait ?

Pour le découvrir, plongeons ensemble dans l’univers crémeux de cette petite brique de lait, de son histoire et de ses effets sur la santé pour l’Homme.

Retour sur l’histoire d’une effervescence autour du lait

A l’assaut d’un produit inexploité

Jusqu’à la fin du 19ème siècle, le lait n’est pas populaire : on le considère trop dangereux pour être bu tel quel, on dit que c’est « un nid à microbes ».

C’est avec l’essor des réfrigérateurs au 20ème siècle que les laitages font leur apparition. A partir des années 1950, le lait se généralise avec les glaces, les bouteilles ou encore les « berlingots ».

enfant laitParallèlement, un marché considérable s’est ouvert : celui de la petite enfance. Dès 1930, Nestlé lance une gamme de produits laitiers et d’aliments pour les enfants, qui nécessite l’addition de lait. C’est à partir de 1960 aux États-Unis qu’à coups d’actions promotionnelles parfaitement planifiées, d’échantillons gratuits ou de « graissage de patte » du personnel médical ou paramédical que l’on promeut officiellement les laits artificiels. Mieux encore, on encourage les maternités à remplacer illico presto le lait maternel, jugé « trop pauvre en calcium » par des formules lactées   !

Et aujourd’hui ?

L’industrie laitière a depuis des années ses entrées, aussi bien dans les organismes officiels de la santé publique que chez les scientifiques et les médecins référents en nutrition. Il faut ainsi savoir qu’elle assure une large part du financement de l’Institut français pour la nutrition (IFN), une structure influente auprès des pouvoirs publics. Son objectif ? Permettre de rapprocher les vues des médecins et chercheurs d’une part et celles des industriels de l’agrobusiness d’autre part.  En résumé, l’IFN fonctionne comme un lieu d’échange où se nouent des contacts fructueux entre industriels et scientifiques.

Tenez-vous bien :  en 2005, sur les 29 experts du comité de nutrition de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), c’est-à-dire le comité chargé de formuler des recommandations nutritionnelles aux Francais, 20 dont le président lui-même avaient des liens de collaboration avec l’industrie laitière. Treize de ces experts travaillaient avec Danone. Qui dit mieux ?

Autant ne pas s’étonner de l’omniprésence des produits laitiers, qui commence dans notre cour d’école avec la fameuse brique de lait !

lait

Bref, les produits laitiers étaient comme un compagnon de route que je n’avais jamais remis en question, et ce jusqu’à mes 19 ans.

Et puis patatra, j’ai découvert que, non, contrairement à ce que scandent les publicités, les produits laitiers ne sont pas nos amis pour la vie. Pire encore, non seulement ils ne nous aideraient pas à devenir « grands et forts » mais seraient à l’origine de nombreux troubles communs dans nos sociétés occidentales.

Bref, une fois encore, la réalité ne ressemble aucunement à ce qu’on nous montre à la télé, qu’il s’agisse de « meilleure digestion qui se voit à l’extérieur » ou de « santé pour les os ».

Les produits laitiers, des amis pour nos os ?

« Bois ton lait pour lutter contre l’ostéoporose ! »

Beaucoup d’études comme celle de Robert Heaney (2000) font le lien entre consommation de lait et densité minérale osseuse. Certes les aliments riches en calcium comme les laitages entraînent une augmentation de la minéralisation osseuse. Or cette minéralisation osseuse est utilisée comme critère de bonne santé des os, ce qui n’est pas si évident !

OSTÉOPOROSE ET FRACTURES/ En effet, il est amusant d’observer que ce sont dans les pays où l’on consomme le plus de lait (Suède, Norvège, Etats-Unis, Allemagne…) que le nombre annuel de fractures du col du fémur (pour un âge donné) est le plus élevé. En revanche, dans des pays où on ne consomme quasiment pas de produits laitiers comme au Japon, les fractures y sont 2 fois et demi inférieurs !


« QuOuA ? Mais pourtant calcium = os solide non ? »

En 2002, une étude américaine étudie le lien entre les habitudes alimentaires des enfants et leur taille. Résultat : c’est la consommation de lait qui prédit l’évolution de la taille. Plus on en consomme, plus on grandit. Jusque-là, pas de problème particulier.

Le calcium apporté par le lait de vache provoque bien une multiplication cellulaire qui amène nos os à grandir et à s’épaissir. Dans un premier temps de notre vie, nous pourrions paraître en effet « plus forts » que les populations japonaises qui consommaient moins de laitages. Mais l’effet est pernicieux car c’est à partir de la trentaine d’années qu’il faut regarder. En effet, nos cellules ont une capacité limitée à se diviser pour créer de l’os, et avec la consommation de laitages toute notre première partie de vie, nous sur-stimulons ces cellules. Arrivé la 30aine, nous avons épuisé tout notre « stock » possible et devenons beaucoup plus sensibles et exposés aux risques de fractures de toutes sortes.


Et ailleurs ? Qu’il s’agisse du Cambodge, du Laos, de la Chine, du Nigeria, de la Nouvelle-Guinée, les relations positives entre consommation de produits laitiers/fractures du col du fémur sont criantes !

Une question de génétique ? Une étude réalisée sur les Chinois de Hong-Kong et ceux de Jiangmen, issus de la même ethnie, montre qu’en 1985, ceux de Hong-Kong sont 4 fois plus touchés par les cols du fémur que ceux de la Chine continentale, le Jiangmen.

Devinez la différence…? Ceux de Hong-Kong consommaient des produits laitiers contrairement à ceux de la Chine continentale ! Signe évident que la génétique n’entrait là en rien dans le processus d’apparition des fractures du col du fémur.

« Bois ton lait pour être en bonne santé ! »

Les personnes (bien intentionnées) qui nous répétaient ces phrases savaient-elles que les produits laitiers sont bourrés d’hormones de croissance ? Ces hormones qui ont un rôle bien défini chez les bovins : que le veau multiplie son poids par 8 en un an à peine ! Parmi les facteurs de croissance on trouve l’IGF-1.

CANCERS/ Or des études japonaises en 1997 montrent que l’IGF-1 augmente considérablement le risque de développer un cancer, et notamment celui de la prostate.

Déjà en 1986, l’organisation mondiale de la santé (OMS) avait analysé la consommation de lait par habitant et la mortalité par cancer de la prostate dans 59 pays. Qu’avait-t-elle constaté ? Les pays où l’on consomme le plus de lait sont ceux dans lesquels la mortalité est la plus élevée.

Allez petite info en plus comme ça, c’est cadeau : savez-vous pourquoi les laitages entraîneraient des cancers de la prostate ? Parce qu’ils feraient baisser notre arme naturelle anti-cancer : la vitamine D. Les laitages contribuent à créer un environnement acide dans notre corps, environnement dans lequel l’enzyme qui fabrique normalement la vitamine D ne fonctionne plus aussi bien.

DIABETES/ Parlons santé, parlons diabète : L’étude TRIGR (Trial to Reduce IDDM in the Genetically at Risk) débutée en 2002 dans 15 pays sur plus de 2000 enfants pendant 10 ans montre en  2012 que le lait de vache est un facteur de risque de diabète de type 1 (parus dans l’American Journal of Clinical Nutrition).

 

En bref, les produits laitiers, nos amis pour la vie ?

Diabètes, sclérose en plaque, obésité, infarctus, surpoids, maladies chroniques…la liste est malheureusement longue et je comprenais là que les produits laitiers n’étaient vraiment pas nos amis pour la vie. De nombreuses études ont mis en évidence les liens entre ces différentes pathologies et la consommation de produits laitiers et sont détaillées dans l’excellent livre « lait, mensonges et propagande » de Thierry Souccar que je vous invite à lire et à relire (pour l’acheter, cliquez sur l’image).

L’exemple du régime Okinawai est d’ailleurs flagrant : Avec 4 fois plus de centenaires qu’en Occident, c’est à Okinawa que l’on vit le plus longtemps sur Terre !

« Un américain a en moyenne 7 ans de handicap à la fin de sa vie, mais un habitant d’Okinawa 2 an et demi seulement » note Bradley Willcox (chercheur qui a enquêté sur la santé exceptionnelle des Okinawais).

« Non seulement les Okinawais vivent plus longtemps, mais ils vivent plus longtemps en bonne santé » ajoute-t-il.

Leur secret ? Une nourriture frugale, majoritairement constituée de végétaux et sans aucun laitage.

Je vois les sceptiques (et vous avez raison) crier à l’effet génétique quelconque 😉

Des études menées sur les Okinawais qui avaient émigré au Brésil et consommant 18 fois plus de charcuterie, 3 fois plus de sucre et de laitages, montrent qu’il y a 5 fois moins de centenaires qu’à Okinawa. Donc, exit la génétique, encore une fois.

En conclusion :

laitQuand on a pris connaissance de toutes ces études accablantes sur les liens entre la consommation de produits laitiers et nos problèmes de santé, je trouve intéressant de revenir aux essentiels, à ce que nous dit la Nature.

Et que nous dit-elle ? Soudainement, je prenais conscience de quelque chose :

Existe-t-il une seule espèce de mammifère sur  Terre qui dédaigne le lait de sa propre mère au profit de celui d’une autre espèce ?

Ou encore, existe-t-il une seule espèce de mammifère sur Terre qui consomme du lait toute sa vie ?

Aucune, exceptée l’Homme.

 

Il est bien loin mon dernier chocolat chaud au lait de vache…Heureusement que l’on trouve le calcium dans de nombreux végétaux et qu’il existe différentes alternatives comme les laits végétaux ou encore les fromages végétaux ! A ce sujet, je vous en conseille particulièrement trois, qui sont à mon goût les meilleurs fromages végétaux à acheter.

Je finirai par une citation du Pr Walter Willet de l’École de santé publique de Harvard (Boston) :

« En l’état actuel des connaissances, il est irresponsable de faire la promotion des laitages »