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Mon entourage n’accepte pas mon végétarisme ! Mes 3 clés pour sensibiliser ses proches

Quel flexitarien, végétarien ou végétalien n’a pas eu un jour droit à une remarque cinglante comme « QouhA ? Tu ne manges plus de viande ? Tu manges quoi alors ? » parfaitement flanquée d’un regard ahuri et d’un doigt dénonciateur ?

Si vous le vivez dans votre quotidien, alors bienvenue dans le club !

Ce que je vais vous partager dans cet article est applicable sur votre chéri(e), votre famille, vos amis, vos collègues et est le résultat de 4 ans d’expérimentation.

Pour moi, rien n’a été plus difficile dans mon changement d’alimentation que le regard et les remarques des autres. Quand je suis devenue végétarienne, il y a déjà 4 ans environ, il n’y avait pas autant de vidéos ni d’articles en faveur de l’alimentation végétale. Ce n’était pas évident de s’y retrouver avec tant d’informations contradictoires ! Je tâtonnais, tentais de trouver ma place, d’affirmer ce qui allait devenir avec les années une conviction très forte. Ce n’est pas changer d’alimentation qui a été le plus difficile, mais davantage le fait que mon entourage n’acceptait pas mon végétarisme !

Je n’étais déjà pas bien sûre de moi-même, et voilà que j’avais droit à des réflexions du type « mais, tu vas avoir pleins de carences ! » ou encore le sadique « tu es sûre que tu ne veux pas un petit bout de poulet?…hum…regarde comme il est bon! »

 

Paradoxalement, alors que j’espérais un soutien, ou a minima le respect de mon choix, c’était mon entourage le plus proche (pour moi, la famille) qui réagissait le plus violemment avec moi! Pourquoi une telle réaction ?

Car après une éducation basée sur la « bonne nourriture française », je reniais tout, car après des années à avoir partagé le « poulet du dimanche » je n’y touchais plus et le revendiquais maladroitement, et parce que mon attitude leur renvoyait la leur en pleine figure…

Je pense qu’il y avait une part d’ignorance naïve également de la part de ma famille, ils ne pensaient pas mal faire quand ils « blaguaient », ils essayaient inconsciemment de gérer le sujet avec les moyens du bord. Sauf qu’à ce moment, avec les images effroyables d’animaux massacrés que j’avais en tête, j’avais envie de tout sauf de rire, ce qui n’a pas aidé !

Aujourd’hui, même si je garde un pincement au cœur en songeant à cette période de transition (le passage du végétarisme au végétalisme a été mieux accepté !), je ne garde aucun ressentiment de ce qu’ont pu dire ma famille, mes collègues ou des amis, car je sais qu’ils ont réagit comme ils le pouvaient, et oui, souvent maladroitement (parfois avec bêtise, ne nous le cachons pas!).

C’est parce que cette période a été vraiment difficile à vivre pour moi au quotidien qu’aujourd’hui je veux partager l’enseignement que j’en ai tiré.

Je ne vous parlerai pas comme dans d’autres sites des idées de recettes pour faire envie à votre entourage, je ne vous donnerai pas des répliques toute faites à lancer, ni de « super-articles-scientifiques » à dégainer à la première occasion, non, ce que je vais essayer de vous apporter est ce qui a changé totalement ma façon de vivre mon végétarisme puis végétalisme au quotidien.

 

Mes 3 clés pour vivre son végétarisme (végétalisme) de façon sereine, apaisée et bienveillante

 

1ère clé : Moi

Comme je le disais plus haut, il est normal que lorsque l’on découvre la vérité qui se cache derrière l’élevage, on se sente outré, parfois honteux, en tout cas bouleversé. Si comme moi c’est un sujet qui vous tient à cœur, alors vous vous sentez souvent révolté par les remarques que votre famille, votre petit(e) ami(e) ou vos collègues osent vous faire. Désarroi, colère, et chagrin sont autant de ressentis que l’on peut éprouver face à des réflexion cinglantes, moqueuses ou parfois juste maladroites.

Voici donc ma 1ère clé :

Prenez du recul par rapport au sujet

Pour l’avoir vécu je sais que ce n’est ni facile, ni rapide. Néanmoins, une chose est certaine…ce n’est pas en restant hyper sensible au sujet que :

  • Vous aiderez plus d’animaux : on peut très bien servir la cause animale sans avoir à passer des heures devant des vidéos atroces d’animaux qui vont à l’abattoir, ni à pleurer devant chaque boucherie/charcuterie/fromagerie que l’on croise dans la rue.
  • Vous défendrez bien la cause autour de vous : d’après mon expérience et tous les témoignages que j’ai pu recueillir, j’ai remarqué que lorsque les émotions dictent nos débats, l’issu est toujours la même : votre interlocuteur se braque et ne veut pas en savoir plus.
  • Vous serez plus heureux dans votre vie : il y a 2 façons de mener un combat dans une vie : de façon optimiste et de façon négative. Quelle voie choisissez-vous pour votre bien-être, votre bonheur, votre santé ?

 

Quels sont les bienfaits à prendre du recul ?

En prenant du recul, on vit mieux son quotidien. Cela permet d’amorcer un débat constructif et non à « qui aura le dernier mot », et de remarquer alors que la personne n’était pas forcément de mauvaise volonté mais s’exprimait particulièrement maladroitement.  Cela permet également de comprendre le point de vue de l’autre, essentiel pour avoir un échange constructif.

Comment prendre du recul ?

a. Pendant l’échange

L’idée est d’essayer de se détacher de l’instant présent, et de voir la scène comme si nous étions un spectateur qui l’observait, en train de se dérouler. Et alors se poser les questions suivantes, et tenter d’y répondre avec une entière sincérité, dénuée d’ego : Est-ce que je suis satisfait de la façon dont la scène se déroule, fier de moi-même ? Qu’est-ce que j’aimerais y voir, y entendre ?

Puis se replonger dans la scène, dans le présent, en tant que « moi » et tenter d’agir en réponse à ces observations.

b. Après l’échange

L’idée ici est de faire un bilan après chaque échange sur le sujet que vous avez eu avec votre entourage et se poser les questions suivantes :

  • Me suis-je exprimé comme je l’aurais voulu (par rapport à mes valeurs) ?

Ex: J’ai comme valeur haute l’honnêteté, et parfois je me rends compte que j’aurais pu répondre de façon plus honnête à une question, sans craindre le jugement de l’autre.

  • Ai-je réussi à planter une graine de réflexion dans son esprit ?
  • Ai-je défendu mes convictions, mes valeurs, tout en respectant les siennes ?
  • Qu’est-ce que j’aurais préféré dire, faire, de façon à respecter la personne que je suis et celle qui était en face de moi  (ainsi que la relation que nous entretenons) ? Quelle aurait été la bonne attitude à avoir ?

Prenez-le comme un exercice ludique, faites-le à chaque fois ! Au début on remarque que c’était le chaos, que la conversation n’était qu’une surenchère d’argumentaires plus ou moins valables, et que certaines parties sont floues car on a répondu sous le coup de l’émotion.

A force de pratiquer cet exercice on se perfectionne, et on arrive à mieux se maîtriser, à maîtriser son sujet et donc, à œuvrer positivement pour ses convictions

 

2. Mon entourage

Maintenant que nous avons vu comment on pouvait travailler sur nous-même et ne pas sombrer dans la « sur-émotivité », penchons-nous sur l’importance de l’attitude de notre entourage.

Après des heures à tenter de convaincre des obtus, à argumenter face à des sceptiques et à répondre à des personne de mauvaise foi, j’ai compris tout ce qui faisait la différence, et c’est ma 2ème clé :

Prenez en compte la mentalité dans laquelle vous répond votre entourage

Est-ce que la personne veut vraiment en savoir plus, s’interroge sincèrement sur la question ? Ou est-ce qu’à ses répliques vous entendez qu’elle répond par ego et qu’au fond, elle voudra juste avoir le dernier mot ?

Aujourd’hui c’est clair : je ne perds plus mon temps avec les personnes de ce deuxième cas. En général, je réponds rapidement à leur question en clôturant la conversation. Je finis avec un « là je remarque que ce ne sont pas les bonnes conditions (pour ne pas dire « tu n’es pas dans le bon état d’esprit »), néanmoins si un jour tu t’intéresses vraiment à tout ce que l’alimentation végétale peut apporter, n’hésite pas à me recontacter, ça me ferait plaisir de partager ça avec toi ». La personne a donc été gentiment remise à sa place et a compris que c’était à elle de faire un pas en avant la prochaine fois vous nous et qu’elle y trouverai une « porte ouverte » à la discussion. Encore une fois, on peut être bienveillant tout en ne se laissant pas marcher sur les pieds !

Les personnes du 1er cas, qui veulent vraiment en savoir plus, ont elles toute mon attention. Et c’est là qu’il est intéressant de réussir à trouver l’angle d’approche de cette personne spécifiquement.

Quels arguments utiliser ?

On arrive à mon moment préféré, le moment où il faut apprendre à s’infiltrer tel un agent secret en mission !

En effet, s’il est important de parler de ce qui vous touche, il est aussi et peut-être encore plus vital de parler de ce qui va faire jaillir la petite lumière, faire germer la graine d’idée dans l’esprit de votre interlocuteur :

  • Est-ce qu’il s’agit d’un homme sportif, qui fait attention à sa prise de muscles ? Montrez-lui tous ces sportifs vege de très haut niveau.
  • Est-ce qu’il s’agit de votre sœur dont vous savez qu’elle veut perdre du poids ? Lancez-lui l’idée que les produits animaux sont aujourd’hui une des causes majeurs de surpoids et qu’en les arrêtant on perd généralement le mauvais gras.
  • Est-ce qu’il s’agit de votre copine, que vous savez sensible à la cause animale ? Expliquez-lui rapidement (ne jamais insister, il faut que ça soit la personne qui en demande plus !) dans quelles conditions on élève les veaux, séparés à la naissance de leur mère.
  • Est-ce qu’il s’agit de votre collègue qui aime tant cuisiner ? Montrez-lui des photos Instagram et Pinterest des merveilleux rainbow bowl qui existent !

rainbow bowl Exemple de rainbow bowl. Crédit photo : Pinterest

Vous l’aurez compris, on n’est pas tous sensibles aux mêmes choses, et on peut très bien aborder un même sujet sous différents aspects ! Si votre objectif est, comme moi, de montrer que l’alimentation végétale est bénéfique sur tous les plans, alors il va falloir vous munir de ces quelques réflexes de communication.

Dans tous les cas, je trouve inefficace et presque malhonnête d’utiliser la culpabilisation sur une personne. Pourquoi malhonnête ? Car la personne est sûrement juste ignorante du sujet. En lui expliquant de façon objective, elle jugera par elle-même si elle s’en sent coupable ou non.

Restez bienveillant et tolérant 

 

3. Mes conditions

Bien adapter son comportement, bien cibler le message à son entourage…mais dans quelles conditions ? Voici donc la 3ème et dernière clé :

Prêtez attention aux conditions dans lesquelles vous avez cet échange

Soyez exigeant des conditions, afin de mieux passer votre message et de vous faire comprendre.

Je pense que la pire situation, qui pourtant est celle qui amène le plus à ce type de débat : le repas. Cela ne tient qu’à moi, mais je trouve que même spirituellement parlant, c’est néfaste pour tout le monde de parler de « l’horreur de l’élevage » avec son entourage qui coupe sa tranche de bœuf en face de vous. J’en parle dans mon article sur le repas de famille. Il a été prouvé que si l’on mange avec un certain malaise (malaise pour vous à vous « justifier », à débattre, et malaise pour votre entourage à manger de la viande tout en entendant ce que cela sous-entend), l’organisme va produire des toxines, engendrant souvent des maux de ventre ou de façon plus discrète une mauvaise humeur. Quand la situation se présente, j’invite tout simplement la personne à en parler plus tard, en dehors du repas, afin que chacun puisse sereinement profiter de son assiette (car de toute façon, le bœuf qui est dans l’assiette de votre entourage ne reviendra pas à la vie !…).

De façon plus générale, si vous avez particulièrement des difficultés à en parler à votre entourage, je vous recommande de sélectionner avec soin les moments adéquats. Faites attention à ce qu’ils puissent rester attentifs (on évite la grosse fête avec musique), relaxés (on évite d’en parler si le sujet du jour est le licenciement de la grande tante) et qu’ils aient assez de temps (on évite la conversation le temps d’un appel d’une pause midi).

 

Voilà, vous avez toutes les clés en main afin que votre entourage accepte votre végétarisme, voire ai envie de vous suivre dans la démarche. Cet article est le résultat de 4 ans d’expériences plus ou moins douloureuses, parfois amusantes, toutes enrichissantes. Aujourd’hui, c’est avec cette attitude que je « convertis » doucement mais constamment mon entourage à des pratiques plus respectueuses de leur santé, des animaux et de la planète.

Acceptez que votre entourage ne change pas tout du jour au lendemain, et respectez le temps qu’il lui faudra pour que la graine que vous avez planté dans son esprit germe, et devienne une belle plante.

En faisant cela, j’observe aujourd’hui tous les jours des personnes qui reviennent vers moi et me partagent des changements qu’elles ont opéré dans leur vie.

Je ne peux donc que vous inviter à essayer mes 3 clés puis à les personnaliser selon vos ressentis et enfin à revenir témoigner ici !